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THE GAME CHANGERS


Septembre 2019, un documentaire fait grand bruit.


The Game Changers est un documentaire américain, réalisé par Louie Psihoyos et produit, entre autres, par James Cameron, Jackie Chan et Novak Djokovic.

Ce documentaire suit le parcours de James Wilks, un entraîneur d'élite des forces spéciales, vainqueur de The Ultimate Fighter 2009, qui, blessé lors d'un entrainement et souhaitant hâter sa guérison, parcourt le monde en quête de vérité sur la viande, les protéines et la force physique.

Étant donné l’impact mondial de ce reportage, il me paraît donc important de partager une analyse professionnelle point par point.


Les gladiateurs et la nutrition d’un autre temps.



La nutrition des gladiateurs est abordée dès le début du reportage. Il est vrai qu’à cette époque, les guerriers consommaient de grandes quantités de céréales et très peu de viande, mais c’était également les cas pour le reste de la population, qui n’étaient pas des gladiateurs pour autant…

À une époque où l’accès à la calorie (F.D) était une épreuve, les plus forts étaient ceux qui arrivaient à se nourrir assez pour maintenir leur poids et avoir un entraînement productif. Les céréales étant des denrées faciles à stocker et non périssable, il parait évident qu’il était interessant d’en faire une base alimentaire, notamment l’hiver.


Les performances des sportifs de haut niveau.



Scott Jurek, ultra-marathonien ; Patrick Baboumian, strongman ; Kendrick Farris, haltérophile ; Serena williams, tenniswoman ; Nate Diaz ; Fighter… Sont tous des sportifs de très haut niveau, qui ont prouvés par leurs performances qu’il est possible d’envisager une transition au véganisme tout en préservant voir en améliorant ses performances.


Alors oui, il est possible d’atteindre un excellent niveau en étant végétarien ou végétalien, mais ce n’est en aucun cas la clef de leur succès ! L’immense majorité des champions ne suivent pas ce régime, et pourtant ils sont champions !

Les deux données non mentionnés dans ce reportage et qui ont pourtant une importance capitale sont : la génétique et le dopage.

Tous les sportifs le savent, les grands champions sont nés pour être champions et le dopage n’y est pas non plus pour rien dans les performances extrêmes. Ne vous attendez donc pas à exploser tous les scores en passant à une alimentation plus végétale.


D’ailleurs, une étude présente dans le reportage prône un progrès de 19% au développé couché en consommant un jus de betterave en pré-entrainement, toutes les personnes qui font de la musculation sérieusement savent pertinemment qu’il faut DES ANNÉES pour gagnés 19% de force sur un développé couché, à moins d’être débutant sur le mouvement. Dommage que des chiffres aussi ridicules viennent décrédibiliser d’autres données très interessantes, comme par exemple la circulation sanguine que nous allons aborder plus loin.


Véganisme et santé


Après la performance, la santé est le thème le plus abordé dans ce documentaire.

Le véganisme aurait de nombreux bienfaits comme la protection contre les maladies cardio-vasculaires, la baisse de l’inflammation, l’augmentation de la récupération, la perte de graisse etc…


En ce qui concerne les cancers et les maladies cardio-vasculaires, toutes les recherches montrent que plus l’alimentation est riche en végétaux, plus elle est protectrice vis-à-vis

de ces maladies.


Pour la perte de graisse, l’explication est simple. La plupart des végétaux contiennent une quantité importante de fibres mais ont une densité énergétique assez faible. Pour résumer, pour la même quantité de calories, une assiette composée uniquement de produits végétaux sera bien plus grosse qu’une assiette composée de produits mixtes. Un végétalien aura donc plus de facilités à manger moins calorique.

Abordons maintenant le sujet de l’inflammation et de la circulation.


Une alimentation composée essentiellement de produits animaux est caractérisée comme étant « acidifiante » pour l’organisme. Il faut savoir que toute protéine est acidifiante et que les produits animaux en sont pour la plupart des concentrés (les animaux consomment des protéines végétales, les digèrent et construisent leurs muscles). De plus, un point intéressant est abordé dans le documentaire : l’enveloppe des protéines. Sans rentrer dans des détails chimiques, les sous-produits de la digestion des produits carnés favorisant l’inflammation, notamment lors de la cuisson (ammoniaque, purines, acide urique, acide phosphorique etc…). L’organisme va donc, pour se défendre, produire ses propres anti-inflammatoires dérivés du cholestérol, qui à long terme, peuvent s’accumuler et former des plaques qui vont durcir et diminuer la circulation sanguine.


Une alimentation composée essentiellement de produits végétaux (Fruits & Légumes) sera une alimentation caractérisée comme « alcalinisante », les fruits et légumes contiennent énormément de vitamines, minéraux, oligo-éléments, anti-oxydants etc…

Ces molécules vont avoir comme conséquences de diminuer l’inflammation, améliorer son microbiote intestinal, d’augmenter le volume des veines et artères par vasodilatation (polyphénols), et donc permettre une meilleure circulation sanguine. Sur le passage qui concerne les érections masculines, il est évident qu’une personne ayant une bonne circulation sanguine et des artères en bonne santé aura le sang qui circule mieux dans l’intégralité du corps…


Un équilibre entre des aliments acidifiants et des aliments alcalinisant est nécessaire et peut-importe notre alimentation.



Point rapide sur le soja, aucune étude ne démontre des effets négatifs d’une consommation raisonnable de soja sur la production de testostérone, le soja est diabolisé par certaines personnes pour sa teneur en phyto-oestrogènes à tord. Cependant, ces mêmes personnes ne s’occupent pas des perturbateurs endocriniens présents dans l’eau du robinet, dans les plastiques alimentaires, dans le lait et dans de nombreux produits présent dans leur alimentation quotidienne. Encore une fois on trouve uniquement ce que l’on cherche…


Le grand débat des protéines


Inutile de s’étaler sur ce sujet, nous sommes en 2019, et il est évident que tout le monde peut avoir sa ration de protéines journalière avec un régime végétalien. Pour rappel, l’OMS conseille pour un sédentaire (la grande majorité de la population) une portion de 0,83gr de protéines / kilos de poids du corps, ce qui fait 58gr pour un homme de 70kg, autant vous dire que ce chiffre est atteint très facilement. D’ailleurs les français mangent en moyenne des quantités de protéines bien supérieures à leurs besoins ! La quantité de protéines n’est donc en rien un arguments contre un régime végétalien, car il en contient suffisamment, et nous en consommons beaucoup trop !


En ce qui concerne la qualité des protéines végétales, inutile de sur-intellectualiser le débat en parlant de PDCAA, d’enzymes et de co-facteurs. Les protéines végétales contiennent tous les acides aminés essentiels dans des quantités différentes, une alimentation variée contribuera à obtenir un quota journalier de protéines complètes bien suffisant.


Cette focalisation maladive sur les protéines chez les sportifs n’a aucun sens, il suffit juste de s’assurer d’en avoir une quantité suffisante. Les sportifs de haut niveau savent que la performance est directement corrélée aux glucides ingérés, et non au protéines qui ont un rôle structurel et non énergétique.


L’aspect environnemental


Je ne l’aborderai pas, libre à vous de vous faire votre avis sur l’impact de l’élevage et de la production de nourriture pour le bétail sur l’environnement.


Le lavage de cerveau



Nous voici au point le plus intéressant ce ce reportage : Les croyances limitantes.

« Il faut manger de la viande pour être fort » ; « Tu frappes comme un végétarien »…

Tant d’idées reçues qui circulent depuis des décennies. Dans notre société, nous associons des aliments, à un caractère ou à une caractéristique physique.


Si ce genre de reportage peut ouvrir les mentalités sur ces idées reçues, cela sera déjà très positif. Comme le précise Arnold Schwarzenneger, l’industrie de la viande utilise le même marketing que l’industrie du tabac des dizaines d’années auparavant : Mettre en avant un homme barbu, musclé, qui fait 10h de musculation par semaine depuis 20ans en train de manger un steak, et comparer ça à un jeune de 20ans qui fait du ping-pong (avec tous le respect que j’ai pour mes amis pongistes ), et qui se revendique vegan. De la même manière les interviews menées dans la rue, étrangement, ne sont jamais menées sur un Vegan sportif, chef d’entreprise et baraqué, on se focalise sur un étudiant avec un style douteux et un discours basé sur l’émotion et qui à tendance à être incohérent.


L’expression pour caractériser cela est : de la malhonnêteté intellectuelle, qui est par définition : Subjectivité, insincérité, mauvaise foi, dans sa manière de raisonner ou de penser.


Votre régime alimentaire ne vous défini pas en tant que personne. Un végétalien n’est pas une personne fragile, et quelqu’un qui mange de la viande n’est pas une personne violente sans coeur. Votre régime est un choix de consommation qui influencera en bien ou en mal votre santé et votre composition corporelle.


Conclusion


Même si je vous déconseille fortement de choisir votre régime alimentaire suite au visionnage d’un documentaire Netflix, rien ne remplacera les conseil d'un professionnel de santé, il en demeure interessant de s’ouvrir à toutes les pratiques alimentaires afin de faire des choix en connaissance de cause. Même si ce documentaire est clairement orienté et grossi beaucoup d’informations, il n’en demeure pas moins interessant. Tout n’est pas à prendre, mais tout n’est pas à jeter.


Même si des divergences d’opinions existent entre diététiciens, médecins, praticiens de santé divers, nous sommes à peu près tous d’accord pour dire que tout le monde devrait augmenter ses apports en végétaux, comme le dit un pompier à un moment donné « Je me suis rendu compte que 2 salades par semaines ne suffisaient pas ». Quand on regarde l’alimentation d’un français moyen, nous sommes loin, très loin de remplir tous les besoins en micro-nutriments, c’est donc assez drôle que ces mêmes personnes remette en question un régime qu’elles n’ont jamais testé pour cause d’éventuelles carences…


Il est parfaitement envisageable d’opter pour un régime alimentaire végétarien ou végétalien, tout en étant sportif, actif et en bonne santé. Mais il est également possible de manger de la viande, du poisson et des produits animaux tout en l’étant également ! Aucun régime n’est parfait et adapté à tout le monde, il convient juste de faire attention de bien couvrir ses apports en macro et micro-nutriments, tout en faisant attention à la qualité de ce que nous consommons.


Pour conclure, je vais utiliser les citations de Bruce Lee présentes dans le reportage :

Analyser votre propre expérience
Absorbez ce qui est utile
Rejetez ce qui est inutile
Ajoutez ce qui vous est spécifique

"La quête de la vérité n’est utile que si l’on est prêt à agir".



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